Nichée dans la section de Matouba, sur les hauteurs de Saint-Claude, cette cascade en forme de Y a de quoi faire rêver : un écrin de roches sombres, une rivière qui serpente entre bananeraies et forêt humide, et un silence que seul le bruit de l’eau vient interrompre.
Mais le Saut d’eau du Matouba n’est pas qu’un joli décor. C’est un lieu chargé de mémoire. C’est ici, à l’Habitation d’Anglemont toute proche, que Louis Delgrès et ses compagnons ont résisté au rétablissement de l’esclavage le 28 mai 1802 — un épisode fondateur de l’histoire guadeloupéenne, honoré aujourd’hui par une stèle sur le chemin qui mène à la cascade. Le site a aussi marqué un enfant du pays devenu prix Nobel de littérature : Saint-John Perse, qui passait ses vacances dans la région et a gardé toute sa vie le souvenir de cette « fraîcheur » de Matouba.
Bon à savoir avant d’y penser : l’accès au sentier est aujourd’hui réglementé par un arrêté municipal de la ville de Saint-Claude (interdiction en vigueur depuis 2017, pour raisons de sécurité liées à la traversée de la rivière). Impossible donc, pour l’instant, de refaire la randonnée jusqu’au pied de la chute. Le mieux reste de se renseigner auprès de la mairie de Saint-Claude ou de l’office de tourisme pour connaître l’état actuel d’accès, et en attendant, de savourer l’histoire du lieu — une des plus belles pages de la mémoire guadeloupéenne, à deux pas de nos sorties canyoning.
